SANGYE MENLA, le Bouddha de la Médecine Tibétaine est une pratique spirituelle ouverte à toutes et à tous, elle symbolise l'apaisement physique et morale de manière universelle, en mettant en lumière les causes profondes des souffrances, en interrelations avec nous-même, les autres et les environnements.

C'est une pratique du Vajrayana

QU'EST CE QUE LE VAJRAYANA?

Le Bouddha a transmis plusieurs cycles d'enseignements progressifs, le Vajrayana est un de ceux-là.

Il est accessible à toutes et à tous et ne nécessite aucun diplôme. Il se caractérise par des moyens spécifiques mis en oeuvre pour parcourir le chemin.

"Yana" signifie véhicule- c'est à dire les moyens qui nous mènent au but.

"Vajra" a le sens d'indestructible (le mot vajra fait référence au tonnerre). 

Pour donner un aperçu de la signification du Vajrayana, on pourrait dire, le véhicule qui met en oeuvre les méthodes qui permettent de réaliser rapidement l'éveil.

Concrètement, le Vajrayana se fonde sur une étique juste, la motivation d'éveil, caractérisée par l'amour et la compassion et suppose d'avoir reçu la transmission d'un maître qualifié. Il suppose également d'avoir une compréhension de la vacuité, le fait que les êtres et les phénomènes n'ont pas d'existence substantielle. Sa pratique passe notamment par l'accomplissement de rituels dans lesquels le corps, la parole et l'esprit sont investis. Les méditations sur le corps se font au travers des visualisations de supports symboliques représentant les qualités éveillées. Ces supports prennent la forme de divinités de méditation ou de maîtres accomplis. La pratique  au niveau de la parole s'exprime par la récitation de mantras (littéralement ce qui protège l'esprit)

qui permettent d'actualiser les qualités inhérentes présentes en chacun.

Et enfin, cultiver les états d'esprit indiqués dans les différents rituels permet de rassembler les conditions pour clarifier l'esprit.

La pratique du Vajrayana suppose donc d'avoir reçu la transmission, d'en avoir étudié le sens, et d'avoir intégré les aspects formels des rituels. 

Actuellement tous les rituels se pratiquent en tibétain.

ORIGINES

Bien que beaucoup pensent que la tradition des mantras trouve ses origines dans l’hindouisme, les mantras de guérison pourraient venir, quant à eux, d’une tout autre source. Si dans la vision hindouiste, tout phénomène est porteur d’un nom, ce principe s’applique aussi aux mantras de soin.

 

Selon les Védas, le nom originel OM est la vibration primordiale de Brahma, le créateur. Dans de nombreux mantras spirituels ou de guérison d’autres traditions comme le Bouddhisme, cette même syllabe est également le son primordial de référence.

 

La pratique des mantras existe en Inde, au Tibet, en Chine, et dans bien d’autres pays. Il est reconnu que les mantras de guérison trouvent leur origine dans les régions himalayennes, autour du Mont Kailash. Une légende raconte qu’il y a des milliers d’années, des êtres en quête d’espaces vierges et reculés s’y étaient établis pour développer leurs capacités spirituelles et pour trouver la vérité ultime. Ces hommes étaient appelés drangsong en tibétain ou rishi en sanskrit : sages qui abandonnent la civilisation pour se consacrer à la méditation et au yoga.

 

De même que le monde moderne a atteint une importante avancée technologique grâce aux recherches scientifiques sur la matière et les lois matérielles qui régissent l’univers, ces hommes ont développé, à travers les âges, une sagesse et une capacité à maitriser l’esprit nulle part égalées. L’une de ces connaissances sont les mantras de guérison, obtenus au cours d’états modifiés de conscience dans leurs pratiques silencieuses de relaxation. Ces mantras ont pu garder toute leur fraicheur puisqu’ils ont été transmis de génération en génération, via la tradition Bön, jusqu’à nos jours.

 

Une autre transmission de mantras de guérison remonte au VIII° siècle au cours duquel le célèbre maître spirituel Guru Rinpoché a établi le Bouddhisme Vajrayana au Tibet et a posé les bases des mantras tantriques. C’est la raison pour laquelle le Vajrayana est aussi appelé Mantrayana

 

Les éléments subtils

Les mantras fonctionnent grâce aux vibrations. Par conséquent, leur nature physique est une onde ou un rayon. Cette vibration s’exprime de différentes manières comme tout objet animé présent dans l’univers, de la planète à l’atome, y compris la lumière. Les scientifiques utilisent le terme d’énergie pour les nommer bien qu’une infime fraction ait été effectivement découverte et explorée.

 

Dans les anciennes philosophies orientales et occidentales, ce principe naturel de l’énergie est souvent associé aux cinq (ou quatre) éléments. Ils constituent ce monde et lui donnent forme de par la combinaison de leurs qualités et caractéristiques. Selon les textes bouddhistes, il existe deux aspects dans ces éléments : les aspects grossiers et les aspects subtils.

 

Tout le corpus de la Médecine Traditionnelle Tibétaine repose sur la théorie des cinq éléments. La matière physique trouve son origine dans la dimension subtile des éléments qui ne peut pas être décrite de manière concrète. Cette dimension luminescente est appelée “dang ma” en tibétain, et c’est en elle que sont présents les éléments dans leur état pur. La dimension physique appelée “nyig ma” est la partie impure des éléments. Les rayons se manifestent sous une forme matérielle. Les mantras ciblent la dimension subtile des éléments et, en s’appuyant sur la capacité transformative de ceux-ci, ont un effet positif sur leur dimension physique.

 

Mantras et médecine tibétaine

Du fait de leurs racines philosophiques communes, la mantra-thérapie, comme méthode de soin, est intimement reliée à Sowa Rigpa, la médecine traditionnelle tibétaine. En s’appuyant sur les mêmes principes thérapeutiques visant à prévenir, apaiser, soigner les déséquilibres du corps, de la parole et de l’esprit, ils ont acquis leurs lettres de noblesse en devenant à proprement parler des « mantras de guérison ». Leur application est interdépendante de l’approche de soins de la MTT qui s’appuie sur une alimentation et un style de vie adaptés, une vaste médication naturelle et une batterie de thérapies externes. De par leurs vertus spirituelles, leur usage est plus largement associé à l’alimentation et au style de vie car ils permettent de purifier la nourriture, certains mantras pouvant même être mangés. Ils sont utilisés pour consacrer les médicaments et jouent un rôle important dans leur processus de fabrication puisque certaines étapes de leur production nécessitent la puissance des mantras pour être activés. En récitant des mantras, le thérapeute affine ses capacités et rend plus efficace la session de soins.

 

Bien qu’ils puissent être utilisés indépendamment, les mantras sont considérés par beaucoup comme la « cinquième branche » de la médecine traditionnelle tibétaine.

 

MANTRATHÉRAPIE

 

La mantra-thérapie est une méthode de soin naturelle qui s’appuie sur les vibrations présentes dans l’univers. Elle trouve ses origines dans les écritures tibétaines, sanskrit, ou le langage secret des Dakinis. Les mantras peuvent être appris et utilisés comme adjuvants de traitements médicaux, sans aucun effet secondaire, par toute personne motivée par leur usage pour leur propre bien­être ou celui d’autrui, ou pour les aider à progresser sur le chemin spirituel, et cela quelles que soient leurs antécédents professionnels, culturels ou religieux. Les enseignements comprennent la transmission proprement dite des mantras, l’alternance de sessions théoriques et pratiques, ainsi que des instructions pour des retraites.

 

Le mot « mantra » vient du Sanskrit. « man » qui signifie « esprit », et « tra » : « protection, secours ». Ainsi, mantra veut dire littéralement « moyen pour protéger son esprit. On peut se demander de quoi voudrait-­on le protéger ? La tradition mantrique répondrait ; « de la souffrance ». Leur fonctionnement très rationnel solutionne toutes sortes de maux allant des petits bobos aux maladies graves, de simples problèmes matériels aux désastres naturels, du stress émotionnel aux désordres psychologiques profonds. Les enfants, les adultes comme les personnes âgées peuvent tous utiliser des mantras pour eux­-mêmes, pour le bien d’autrui, et pour l’harmonie globale des êtres et de la nature. Article co-écrit avec Sofia Stril-Rever: Mantra Therapie pour Buddhaline

De la Méditation au Chamanisme / Vers le développement énergétique du Corps et son Apaisement

 

La méditation bouddhiste est un sujet très en vogue depuis quelques années auprès du grand public. Elle est présentée tantôt comme une spiritualité destinée au développement personnel en vue d’atteindre la sérénité, le bonheur, le calme intérieur, tantôt comme une simple technique de relaxation rapide et efficace. Or, il ne faut pas oublier que la méditation bouddhiste est, avant tout, un art de vivre, s’intégrant dans un système de pensées complexe à la fois philosophique, religieux, spirituel et culturel né il y a 2 500 ans. Par ailleurs, elle a directement inspiré la troisième vague des thérapies cognitive et comportementale dont la thérapie cognitive fondée sur la pleine conscience ou Mindfulness-Based Cognitive therapy (MBCT) est issue. Le programme MBCT est destiné à la prévention des rechutes/récidives dépressives, et a fait l’objet d’essais cliniques en vue de son évaluation sur le plan scientifique, mais d’autres indications voient le jour.

De la méditation bouddhiste à la thérapie cognitive fondée sur la pleine conscienceFrom Buddhist meditation to mindfulness-based cognitive therapy

 

Document généré le 2 août 2020 05:18 Santé mentale au Québec Les thérapies basées sur l’acceptation et la pleine conscience Acceptance and mindfulness-based cognitive-behavioral therapies Thanh-Lan Ngô Pleine conscience et psychiatrie Volume 38, numéro 2, automne 2013 URI : https://id.erudit.org/iderudit/1023989ar DOI : https://doi.org/10.7202/1023989ar Aller au sommaire du numéro Éditeur(s) Revue Santé mentale au Québec ISSN 0383-6320 (imprimé) 1708-3923 (numérique) Découvrir la revue Citer cet article Ngô, T.-L. (2013). Les thérapies basées sur l’acceptation et la pleine conscience. Santé mentale au Québec, 38 (2), 35–63. https://doi.org/10.7202/1023989ar Résumé de l'article La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) est une des approches principales en psychothérapie. Elle enseigne au patient à faire le lien entre les cognitions dysfonctionnelles et les comportements mésadaptés et à réévaluer les biais cognitifs qui maintiennent les symptômes en utilisant des stratégies telles que le questionnement socratique. La TCC évolue constamment afin d’en améliorer l’efficacité et l’accessibilité. Dans la dernière décennie, des approches de plus en plus populaires basées sur la pleine conscience et l’acceptation sont proposées. Elles ne visent pas la modification des pensées même si celles-ci peuvent paraître biaisées et dysfonctionnelles, mais cherchent plutôt à changer la relation de l’individu à ses symptômes. L’efficacité de ces approches commence à être documentée. Cet article vise à présenter le contexte historique qui a permis l’émergence de ce courant, les points de convergence et de divergence avec l’approche cognitivo-comportementale traditionnelle ainsi qu’une brève présentation des différentes thérapies basées sur l’acceptation et la pleine conscience.

 

La méditation du dzogchen, abordée sans préconception, sans attente et sans inquiétude, commence par calmer notre activité mentale au point de la réduire à l’interstice qui se trouve entre les pensées conceptuelles de « ceci » et de « cela ». Chaque instant et chaque syllabe verbale de chacune de ces pensées jaillit, demeure et s’évanouit, simultanément. Nous ne pouvons identifier correctement ce processus que si nous avons étudié et médité auparavant sur la présentation madhyamaka de la vacuité de l’émergence, du maintien et de la cessation, et sur l’absence totale d’un « moi » trouvable qui surveillerait ou observerait le processus. Quand la pleine conscience reste posée sur l’émergence, le maintien et la cessation simultanés, aucun effort conscient n’est requis : la pensée conceptuelle verbale « se libère » automatiquement – c’est-à-dire qu’elle s’évanouit d’elle-même –, et nous nous installons dans un état qui se situe entre les pensées. 

 

Ensuite nous devons distinguer l’émergence, le maintien et la cessation simultanés des microsecondes de notre cognition sensorielle non conceptuelle. Pendant ces microsecondes –incroyablement difficiles à distinguer –, nous percevons purement et simplement l’information sensorielle d’une seule faculté sensorielle (par exemple, purement et simplement une forme colorée) avant de la relier de manière conceptuelle à des informations provenant d’autres facultés sensorielles et à d’autres informations provenant d’autres microsecondes, et de désigner cette synthèse mentale comme objet conventionnel « ceci » ou « cela ». Quand nous sommes capables de nous installer au niveau de l’activité mentale entre ces microsecondes mêmes, nous avons accédé au alaya des habitudes. Il s’agit cependant encore d’une conscience limitée, parce qu’elle reste encore mélangée au facteur de l’ébahissement.  

 

 Il nous faut accéder à des niveaux plus profonds et plus subtils pour reconnaître l’interstice cognitif qui a une conscience profonde de sa propre triple nature (pureté primordiale, spontanément établissante, réactive). Pour cela, nous sollicitons l’aide de notre maître de dzogchen qui va recourir à des méthodes spéciales nous permettant de reconnaître la nature de notre esprit. Du fait que les voies de nos canaux énergétiques ont été « huilées » par la pratique préalable de l’anuyoga, tous les niveaux grossiers de l’activité mentale se dissolvent automatiquement sans qu’un effort conscient soit nécessaire. 

 

 Avec la cessation de l’ébahissement, notre alaya des habitudes devient rigpa radieuse, c’est-à-dire rigpa sous son aspect qui engendre activement les apparences cognitives (hologrammes mentaux) et en prend connaissance activement, la première activité étant dominante. Mais nous devons aller encore plus profondément que cela. Tout en restant focalisé sur l’émergence, le maintien et la cessation simultanés des microsecondes des apparences pures de rigpa radieuse, il nous faut reconnaître rigpa essentielle. C’est rigpa sous son aspect d’espace ouvert ou sphère cognitive qui permet l’émergence des apparences et l’activité d’en prendre connaissance, cette dernière étant désormais dominante. Quand nous obtenons et maintenons cette reconnaissance, nous atteignons le stade de la percée, une voie voyante de l’esprit (la voie de la vue), la troisième des cinq voies de l’esprit sur le chemin de l’illumination.

 

 

Puis, en tant que résultat de la pratique de la méditation du mahayoga avec des figures de bouddha, rigpa radieuse engendre un corps d’arc-en-ciel et prend connaissance d’elle-même en tant que tel, à la place d’agrégats ordinaires. Ainsi, au stade du bond en avant – l’équivalent d’une voie d’accoutumance de l’esprit (la voie de la méditation) – rigpa radieuse, à travers quatre stades, gagne en importance tout en maintenant simultanément rigpa essentielle au premier plan. Quand rigpa radieuse et rigpa essentielle deviennent aussi importante l’une que l’autre, nous atteignons l’illumination et, en conséquence de notre amour et de notre compassion intenses et de notre but de bodhichitta maintenus tout au long de cette pratique, nous devenons capables d’œuvrer pour le bénéfice de tous les êtres de la manière la plus vaste qui soit.

Le Dzogchen a la réputation d’être une voie directe, sans effort, qui requiert seulement de s’installer dans l’état naturel de l’esprit. Il est vrai que le simple fait de reconnaître ce qui se passe dans notre expérience cognitive fait cesser les pensées conceptuelles et tous les autres niveaux de conscience limitée et permet à notre esprit de manifester notre apparence pure avec toutes les facultés complètes d’un bouddha, mais rien de tout cela ne peut arriver sans avoir investi une quantité considérable d’efforts dans tous les préliminaires du soutra et du tantra, dans cette vie et dans des vies antérieures. Il ne faut pas être naïf et sous-estimer la difficulté de la pratique du Dzogchen. Cependant, avec une préparation suffisante, le Dzogchen est l’une des méthodes les plus profondes pour atteindre l’illumination pour le bénéfice de tous